Échanges de donnéesLa plateforme universelle Agrirouter trace son chemin

La solution de transfert agrirouter évolue dans un écosystème composé de machines et de logiciels de gestion de l’exploitation.
La solution de transfert agrirouter évolue dans un écosystème composé de machines et de logiciels de gestion de l’exploitation.

Après l’avènement de l’Isobus normalisant la communication entre outils, automoteurs et terminaux de l'exploitation depuis le début des années 2000, la standardisation du transfert d’informations semble toujours être au goût du jour. La société DKE-Data, financée par un groupe d’acteurs de l’industrie du machinisme agricole, souhaite vulgariser les avantages prometteurs de sa plateforme d’échanges de données Agrirouter.

La société DKE-Data organisait voici près d'un an sa première présentation au champ des fonctionnalités de sa plateforme Agrirouter. Cette passerelle, accessible sur ordinateur, tablette ou smartphone, a pour ambition de simplifier les échanges bilatéraux entre les machines, quelle que soit leur marque, et les logiciels FMIS (Farm Management Information System) de gestion des données de la ferme. Ces derniers (365FarmNet, MyEasyFarm, Farmpilot, MyJohnDeere.com, Next Machine Management…) connaissent un essor croissant.

À l’échelle de l’utilisateur final, l’agriculteur peut échanger les données qu’il souhaite avec les prestataires de son choix.

 

Fluidifier les échanges

La plateforme Agrirouter est portée, pour l’instant, par une dizaine de constructeurs de machines agricoles : Agco, Amazone, Grimme, Horsch, Krone, Kuhn, Lemken, Pöttinger, Rausch et SDF, rejoints plus récemment par Exel Industries. Pour y connecter les machines de son exploitation et son FMIS, l’agriculteur se rend sur le site My-agrirouter.com. Après identification, chaque utilisateur personnalise son espace en choisissant les applications dont il a besoin. Il accède également au paramétrage de l’échange de données. Le professionnel peut alors transférer les cartes de préconisation, lignes de guidage et données de télémétrie, ou toute autre information utile à diffuser d’un appareil à un autre. Il peut également échanger les informations qu’il souhaite avec les prestataires de son choix. Ainsi, l’exploitant peut expédier une carte de modulation à partir de son compte Agrirouter vers celui de son entrepreneur de travaux agricoles. Ce dernier exploite ensuite aisément ces données sur la machine de son choix. Autre cas de figure : le prestataire, doté d'une flotte de moissonneuses-batteuses de marques différentes, accède désormais à une unique interface pour transférer ses données. Eu égard à son caractère universel, la plateforme d’échanges ne supporte qu’un nombre limité de types de fichiers standardisés : shape, isoxml, image et vidéo.

Démos au champ

À travers une session de démonstrations au champ, les constructeurs partenaires ont mis en évidence quelques-unes des applications possibles et les avantages que procure la plateforme à son utilisateur final. Chacun d’entre eux propose d’ores et déjà un outil de transfert des informations communiquant de façon bidirectionnelle avec l’Agrirouter. Par exemple, Krone emploie son unité de télémétrie SmartConnect, proposée sur les ensileuses, automotrices de fauche et presses à haute densité de la gamme BiG. Le groupe Agco, lui, exploite les possibilités de ses solutions embarquées VarioDoc Pro chez Fendt, ou TaskDoc chez Valtra et Massey Ferguson. Kuhn utilise l’application web Kuhn EasyTransfer pour importer et exporter les cartes d’applications d’un pulvérisateur ou d’un semoir, par exemple. Grimme fait appel à son boîtier Grimme GSC. La marque Deutz-Fahr dispose, elle aussi, de son propre espace en ligne, directement relié à la plateforme Agrirouter. Quant à Lemken, rien de plus simple que de créer une tâche sur un FMIS puis de l’envoyer à la machine via la plateforme créée par DKE-Data. Il suffit alors au chauffeur de choisir la tâche apparue sur le terminal Isobus en cabine. « Aujourd'hui, l'Agrirouter exige l'utilisation du protocole Isobus, car l'information transmise via le réseau cellulaire est d’abord réceptionnée par le terminal en cabine, avant d’être transmise à l’outil, précise Jean-Charles Lescieux, chef produit électronique chez Bogballe – Lemken France. Mais demain, les éléments seront directement envoyés à l’appareil attelé. »

 

L’opérateur peut transférer à distance et en quelques clics des données depuis un ordinateur vers le terminal en cabine du tracteur (ici une carte de préconisation de densité de semis).
L’opérateur peut transférer à distance et en quelques clics des données depuis un ordinateur vers le terminal en cabine du tracteur (ici une carte de préconisation de densité de semis)

 En ce qui concerne la protection des données, DKE-Data se veut rassurant : « Les informations sont cryptées et non consultables par notre entreprise, explique Johannes Sonnen, le responsable produit. Nous ne les transmettons pas à des tiers et ne procédons à aucune analyse. » L’Agrirouter conserve néanmoins les données pendant 30 jours afin que le récepteur puisse les recueillir une fois qu'il se trouve dans une zone couverte par les réseaux de téléphonie. Ces informations, stockées temporairement, sont supprimées au-delà de ce délai, selon l’entreprise.

Onze constructeurs contribuent aujourd’hui à la mise en œuvre du projet de plateforme universelle Agrirouter.

 

Retrouvez l'intégralité de cet article dans Matériel Agricole n°249 de décembre 2018.

Réagir à cet article

Sur le même sujet

Pulvérisation

John Deere 4040i à rampe carbone, lègère comme un oiseau

TOP 10

Top 10 vidéos d'essais de machines agricoles

Récolte des fourrages

Des andaineurs Pöttinger plus accessibles

Motorisations

Le report de stage V voté

Miniatures

Marge Models dévoile deux andaineurs monorotors du groupe Agco

Presse-enrubanneuse d'occasion

Krone Comprima CF 155 XC : Une mécanique simple

Récolte des fourrages

La Pöttinger HIT 16.18 T fane large

Miniatures

ROS, les miniatures de juin

Presse-enrubanneuse

Vidéo : Essai Combi presse-enrubanneuse Pöttinger Impress 155 VC Pro