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Désherbage mécanique"Différents leviers agronomiques doivent être mis en oeuvre"

"Différents leviers agronomiques doivent être mis en oeuvre"
(©G.S.)

Avis d'expert : questions à Gilles Salitot, conseiller en agriculture biologique à la chambre d’agriculture de l’Oise.

Matériel Agricole : Quelle part les surfaces cultivées en agriculture biologique représentent-elles dans les Hauts-de-France ?

Gilles Salitot

Selon les données de l’Agence Bio, cela représente 2,1 % de la SAU [surface agricole utile] dans les Hauts-de-France, en deçà de la moyenne nationale, qui se situait à 8,3 % fin 2019. Cependant, comme sur l’ensemble du territoire français, la surface conduite selon le mode biologique a doublé en cinq ans dans notre région. Cette forte croissance de l'agriculture bio a permis, notamment, de faire évoluer l’offre en matériels, en particulier ceux dédiés au désherbage mécanique."

Quelles sont les conditions préalables à l’utilisation d’un outil de désherbage mécanique ?

Différents leviers agronomiques doivent être mis en œuvre avant même d’utiliser un matériel de désherbage mécanique dans le champ. Le premier, et l’un des plus efficaces, est de retarder la date de semis. À l’automne, il s’agit de limiter les levées d’adventices lors des premiers stades de la culture. Dans ma région, je conseille souvent d’attendre le 25 octobre, voire début novembre, pour implanter les céréales et protéagineux d’hiver. Au printemps, retarder le semis permet également de réaliser des faux-semis au préalable. Ceci est vrai pour le maïs, le soja ou le tournesol, dont l’implantation, début mai, laisse le temps de détruire les premières levées printanières en avril. Ceci est moins vrai pour les céréales de printemps et les protéagineux, dont le semis, fin février ou en mars, permet une couverture rapide du sol en avril, limitant ainsi les levées des dicotylédones printanières, notamment les chénopodes. L’allongement des rotations fait également partie des conditions préalables à une bonne gestion du salissement en agriculture biologique. Les associations de cultures, qui ont moins le vent en poupe en raison de la conjoncture moins favorable aux protéagineux, permettent elles aussi d’atteindre une couverture plus rapide des sols."

Quelles efficacités attendre de ces différents leviers ?

Le retard de date de semis couplé ou non à un faux-semis permet généralement de réduire sensiblement le stock semencier d’adventices. Son efficacité dépend des conditions climatiques et de l’humidité des sols lors des passages mécaniques. Concernant l’utilisation d’un matériel de désherbage mécanique, les outils utilisés en plein, comme la herse étrille ou la houe rotative, ont généralement une efficacité qui ne dépasse pas 50 à 60 %. Seule la bineuse avoisine les 100 % là où elle passe ! Lors du renouvellement des matériels, les agriculteurs s’orientent désormais vers des machines plus performantes, à l’instar de la herse étrille à câbles, dont le réglage hydraulique de l’agressivité des dents permet d’intervenir plus tôt en saison, dès le stade 2 feuilles en céréales. Certains outils s’avèrent indispensables, alors que d’autres sont plus complémentaires. Par exemple, dans les sols limoneux, une herse étrille ne sera pas suffisante pour casser la croûte de battance, contrairement à la houe rotative qui se révélera indispensable en sortie d’hiver dans ce contexte. À l’inverse, en sols argileux, la herse étrille se révèle plus polyvalente et la plus efficace sur les adventices avancées en stade. On observe que la bineuse, pour sa part, a refait son apparition lors des printemps secs, lorsque les herbicides racinaires perdent en efficacité. Avec les progrès réalisés en termes de guidage par GPS ou par caméra, de plus en plus d’agriculteurs biologiques l’utilisent également sur céréales, avec des écartements entre deux rangs de 15 à 25 cm selon le semoir. La bineuse sur céréales est souvent utile pour gérer les graminées comme le vulpin."

Quels sont les freins au développement du désherbage mécanique ?

L’efficacité et le positionnement de la lutte mécanique restent les principaux freins à son développement en agriculture conventionnelle. Le contexte climatique de l’année est prépondérant. Tout dépend du scénario et l’agriculteur doit, dans tous les cas, être observateur. De plus, le désherbage mécanique offre moins de solutions de rattrapage. En conventionnel, l’efficacité du désherbage se joue à l’automne, et les agriculteurs priorisent les passages chimiques considérés comme plus efficaces. Les leviers agronomiques utilisés en agriculture biologique comme la rotation, le labour ou le retard de la date de semis ne sont pas jugés suffisamment déterminants."
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