Le Sedima fête son centenaire en AvignonCent ans de mutations

Cent ans de mutations

A la sortie de la Première Guerre Mondiale, le 22 janvier 1919, les marchands réparateurs de machines agricoles du Nord et de l'Ile-de-France créent le SNMRMA, un syndicat national propre à la distribution. La France manque alors de bras et de nourriture. Il faut produire en mettant en service des machines capables de fonctionner avec moins de main d'œuvre qu'auparavant. L'ère de la motorisation est naissante et beaucoup de machines sont encore à traction animale. « Ainsi, en 1939, la profession ne dénombre que 30 000 tracteurs en fonctionnement », commente Roger-Pol Droit, philosophe et écrivain. Les mutations sont importantes au lendemain de la grande Guerre avec, par exemple, le désenclavement des zones rurales, les progrès de la science, la mise en place des protections douanières... Puis, la seconde guerre Mondiale éclate et mobilise une nouvelle fois la population française. Au sortir de ce conflit, notre pays revit une pénurie alimentaire, illustrée, entre-autre, par les tickets de rationnement. Une nouvelle fois, l'agriculture est remise au centre des débats, mais avec une énergie d'accompagnement plus forte grâce à l'appui des institutions scientifiques et économiques. Roger-Pol Droit évoque les Trente Glorieuses, de 1946 à 1975. Il précise que le nombre de tracteurs a été multiplié par 15 entre 1949 et 1989. Certes, la mécanisation s'accroît. Mais ce progrès technique est aussi accompagné par le développement des variétés culturales, la fertilisation des sols, le traitement des cultures... Le productivisme permet de multiplier les rendements par deux, voire par trois ! La société est devenue consommatrice. Les agriculteurs s'équipent de machines « d'extérieures » (comme les appelle Roger-Pol Droit), mais aussi des machines « d'intérieures » (machine à traire, machine à transformer, machine à conserver...).
Le premier choc pétrolier dans les années 1970 marque le premier déclin des ventes de matériels agricoles. Puis, la population s'interroge davantage sur le devenir... Elle devient capable de remettre en cause des progrès techniques, elle s'attache à préserver la vie des générations futures. Pour Roger-Pol Droit, cette période nous fait entrer dans une phase de désenchantement à la fin des années 1980. « La consommation, c'est bien, mais ça ne fait pas le bonheur ; Les rendements n'augmenteront pas à l'infini ; Les règles internationales, elles ne sont pas si bien que ça ! » Un monde informatique arrive et, avec lui, un monde d'échanges qui bouleverse les habitudes.  
Et aujourd'hui, les mutations sont tout autres avec le principe de précaution, le souci de durabilité, l'exigence de santé... Après des crises de famines à la sortie des deux Guerres Mondiales, nous traversons des crises de confiance. Roger-Pol Droit parle de la crise de la vache folle (1996), mais aussi de celle liée à la viande de cheval vendue à la place de la viande de bœuf ou encore du glyphosate. Il évoque aussi le réchauffement climatique...
Dans son discours inaugural en janvier 1919, le Président du SNMRMA, Charles Morel, rappelait les vicissitudes du métier mais aussi son honneur : « Souvent, sous un soleil accablant, se coucher sous une lieuse au milieu des champs pour remplacer une pièce cassée afin que la machine soit prête aussitôt que possible à reprendre le travail...»
Finalement, aujourd'hui, il y a toujours des machines, toujours des pannes et toujours des humains pour réparer... ce discours n'aurait-il pas pris une ride en un siècle ?

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